Quand on commence à se demander si l’on devrait lancer sa propre affaire, les démarches peuvent sembler une véritable montagne. En s’y prenant étape par étape, la chose devient beaucoup moins effrayante. La preuve.

 

– Faire un bilan personnel

Avant de se lancer dans la création d’entreprise, il faut y réfléchir à deux fois et se poser les bonnes questions. Faire un bilan personnel est une bonne idée avant de se lancer tête baissée dans un nouveau projet. Voici donc quelques questions qu’il est utile de se poser en amont :

→ Quelles sont mes motivations ?
→ Quels sont mes atouts et mes faiblesses ?
→ Ai-je les diplômes et le savoir-faire nécessaire ? (si non, il sera sûrement bon d’envisager de suivre une voire plusieurs formations)
→ Saurai-je convaincre ? (clients, partenaires, banques…)
→ Suis-je un bon gestionnaire ?

Toutes ces questions vous aideront à savoir si vous pouvez vous lancer seul dans la création de votre entreprise (pas toujours conseillé suivant l’activité que vous comptez lancer) ou s’il serait plus judicieux d’avoir un associé qui pourrait être complémentaire et combler les faiblesses que vous pourriez avoir.

Le site cidj.com vous présente également d’autres idées comme parler de votre projet autour de vous, participer à des concours de jeunes créateurs ou encore de ne pas se décourager.

– L’étude de marché

Une fois la décision prise de créer votre entreprise, il faut vous lancer dans le grand bain. Mais pas n’importe comment ou à l’aveuglette sans quoi vous fonceriez tout droit dans le mur. Et cela commence par réaliser une étude de marché. C’est une étape qui permet d’identifier la concurrence et de déterminer la zone de chalandise (selon le site petite-entreprise.net). Pour cela, il vous faudra réaliser un questionnaire pour mener une enquête de terrain. Vous pourrez ainsi recueillir les impressions de vos futurs clients. Pas besoin d’interroger des milliers de personnes. Un panel d’une cinquantaine jusqu’à une centaine de personnes suffit, si les questions sont bien ciblées et compréhensibles du plus grand nombre.

Les questions doivent être courtes. Il est conseillé de ne pas dépasser trente questions, sans quoi le sondé se lassera et risque de ne pas répondre correctement. Il existe différents types de questions pour une étude de marché.

→ La question fermée à choix unique. Ex : quel âge avez-vous ?
→ La question fermée à choix multiple. Ex : comment avez-vous connu le site ? a) moteur de recherche ; b) bouche-à-oreille ; c) presse
→ La question ouverte. Ex : que pensez-vous de l’installation d’un salon de massage dans le quartier ?
→ Les échelles. Ex : dans quelle mesure êtes-vous satisfait des services de votre garagiste ? Précisez ensuite les degrés de satisfaction sur une échelle allant de 1 à 10. De 1 à 3 : plutôt insatisfait ; de 4 à 7 : plutôt satisfait ; de 8 à 10 : très satisfait.

La structure du questionnaire est primordiale. Les questions doivent s’enchaîner et respecter un ordre. La technique dite de l’entonnoir est une méthode efficace dans ce genre de questionnaire. Il s’agit de poser des questions d’abord générales, puis de plus en plus précises. D’autre part, chaque question doit être numérotée et les réponses codifiées.

Par exemple :

Q6 : Consommez-vous du café ?

a) oui → Q7
b) non → Q20

Inutile d’écrire “si la réponse est oui, passez à la question suivante” ; “si la réponse est non, passez à la question 20”.

Différentes méthodes sont ensuite à votre disposition pour proposer cette enquête : le face à face, le téléphone ou bien le courrier ou e-mailing. Ce choix dépendra du temps et du budget dont vous disposerez.

Vient la dernière phase de l’étude de marché : le dépouillement. Pour connaître les différentes méthodes de tri, rendez-vous sur le site de l’Express où un article détaillé vous attend.

Il ne vous reste plus qu’à rédiger l’étude de marché. Ce document qui vous servira auprès des banques et éventuels partenaires doit être clair et retranscrire les informations principales. Le document doit comporter une page de présentation rapide du projet puis une synthèse du projet et enfin les résultats de l’étude de marché. L’Express vous donne des sites qui vous aideront à réaliser votre étude de marché.

– Le business plan

Une fois votre étude de marché réalisée, si votre projet est viable, il vous sera utile de dresser un business plan. Cela vous permettra d’évaluer la clientèle potentielle, le futur chiffre d’affaires et la future part de marché captée de votre entreprise.

Il n’y a pas de modèle universel de business plan. Toutefois, vous devez respecter certaines règles que voici (à retrouver en détails sur le site de l’Express).

L’équipe

Il est toujours bon de présenter l’équipe qui composera la société, à savoir le porteur du projet et les personnes clés de l’entreprise. Rédigez un bref résumé de leur CV en montrant que les profils sont complémentaires.

La solution innovante

Il faut démontrer en quoi votre solution est innovante, meilleure ou moins chère et présenter ses avantages mais aussi ses inconvénients (rien n’est jamais parfait) par rapport à l’offre déjà existante.

Le modèle économique

Cette partie du business plan doit démontrer la capacité de l’entreprise à générer un chiffre d’affaires important. Les points suivants doivent donc être abordés :

– sources de revenus
– canaux de distribution
– politique de prix
– rentabilité financière

La cible

Lorsque l’on crée une entreprise, il est toujours bon de savoir quelle sera notre cible. Dans votre business plan, dans l’idéal, il est bon de montrer à vos éventuels partenaires ou investisseurs que le marché visé est important et surtout en pleine croissance.

C’est dans cette partie que votre étude de marché sera utile. Vous y exposerez les résultats qui en sont sortis :

– clients ciblés et segmentation du marché
– taille et évolution du marché
– résultats d’enquêtes réalisées auprès des clients ou prospects
– vision du marché

Les concurrents

Inutile de répertorier tous les concurrents possibles de votre activité. Ciblez les concurrents principaux et montrez que vous les connaissez bien. Votre business plan doit expliquer le positionnement de votre entreprise face à ces concurrents. Il faudra évidemment démontrer que votre projet est meilleur et surtout qu’il apporte quelque chose en plus.

Le plan d’action

Votre business plan doit impérativement présenter les grandes lignes de la stratégie de votre entreprise à plus ou moins long terme. Vous pouvez par exemple détailler précisément l’avenir de votre entreprise sur la première année en fixant certains objectifs puis présenter plus largement les années suivantes (sur trois ans par exemple).

Ce travail présentera les bases des prévisions financières de votre société. Plusieurs éléments peuvent apparaître dans cette partie :

– plan de recherche et développement
– plan de marketing et de communication
– plan d’action commercial
– gestion des ressources humaines
– plan de développement international (si nécessaire)

Les prévisions financières

Comme son nom l’indique, le business plan doit parler d’argent. Il est donc important de démontrer la rentabilité financière de votre future société. En général, il fournit les prévisions annuelles sur trois à cinq ans. Il présente des chiffres issus d’une simulation via un tableur ou des logiciels spécialisés. Les prévisions financières doivent comporter un certain nombre d’éléments comme l’estimation des revenus et des charges. Vous pouvez retrouver tous les éléments sur le site de l’Express.

Les fonds recherchés

Le business plan se termine en général sur le montant des fonds recherchés et comment ils seront dépensés. Il est toujours bon de préciser quand et comment vos éventuels investisseurs gagneront de l’argent grâce à votre société.

Préparer un sommaire

Placé au début du business plan, le sommaire est une synthèse de quelques pages qui doit donner envie d’en savoir plus. Il présente le projet de façon concise en quelques paragraphes. A vous de faire apparaître sur le document : le projet, l’offre, le marché, le business model, les objectifs, la stratégie et les fonds recherchés, en seulement une ou deux pages.

Sachez que ce sommaire sera plus souvent apprécié des investisseurs que la version complète, parfois indigeste. Attention, si vous envisagez de créer une entreprise aux ambitions internationales, préparez également une version en anglais de votre business plan. Cela sera toujours un plus aux yeux des investisseurs potentiels.

Un business plan est un travail de longue haleine qui mérite votre pleine attention et qui ne doit surtout pas être bâclé. Cela sera le socle de votre projet.

– Trouver l’argent pour son projet

Une fois le business plan établi, vient l’étape cruciale : trouver les fonds pour que votre projet voit le jour. Différentes possibilités s’offrent à vous. Reste à choisir la bonne.

Le crowdfunding

De nos jours, le financement participatif a le vent en poupe et de nombreuses jeunes entreprises choisissent ce moyen de financement, au plus près de leur cible. A noter que votre projet devra être assez attractif pour séduire les internautes, ce qui n’est pas toujours gagné. Tous les projets ne sont pas adaptés au crowdfunding.

Le crédit bancaire

Il faudra vous accrocher si vous souhaitez obtenir un crédit bancaire. Les banques sont de plus en plus frileuses mais il n’est pas impossible d’obtenir ce genre de prêt. Il faut toutefois avoir un bon apport de base pour espérer convaincre les banques, au moins 20 % du financement nécessaire selon l’Express.

En fonction de votre profil, il existe différentes possibilités d’aides. Par exemple, si vous êtes chômeur, vous pouvez bénéficier de l’Accre (Aide aux chômeurs créateurs repreneurs d’entreprises). L’Express répertorie dans cet article huit aides faciles à décrocher pour la création de votre entreprise.

Dans tous les cas, vous devrez sûrement vous armer de patience et faire face à des refus. Mais le plus important lorsque l’on se lance dans la création d’une société est de ne pas se décourager.

– Trouver le bon local

Quand vous aurez le financement nécessaire au lancement de votre société, il faudra rapidement penser à son implantation et donc à la recherche d’un local. Là encore, différentes solutions s’offrent à vous.

Vous pouvez dans un premier temps travailler de chez vous (si votre activité vous le permet). Attention, si ce choix présente de nombreux avantages, vous aurez aussi quelques règles à respecter. L’activité ne doit occasionner aucune nuisance pour le voisinage et vous ne pouvez pas stocker de la marchandise dans votre logement ou recevoir de la clientèle.

Travailler chez soi nécessite également une certaine rigueur et une bonne organisation. Aménagez-vous un coin dédié à votre activité et fixez-vous des horaires si vous ne voulez pas être submergé par votre travail. Sachez séparer votre vie professionnelle de votre vie personnelle, et vice-versa.

Si vous optez pour un local commercial, les agences immobilières et sites internet sont d’une aide précieuse. Pensez également à vous rapprocher des Chambres de commerce et d’industrie ou des Chambres de métier et de l’artisanat, ou même de votre mairie. Elles pourront aussi vous guider dans votre recherche.

Prenez le temps de bien choisir votre local et d’étudier l’environnement : peut-on stationner facilement ? Existe-t-il des moyens de transport aux alentours ? Le site jesuisentrepreneur.fr vous présente également certains points à vérifier avant de louer un local commercial.

Autres possibilités : la pépinière d’entreprises ou l’incubateur. Les pépinières, en plus de proposer des bureaux à votre entreprise, peuvent également si vous le souhaitez, vous soumettre un accompagnement personnalisé. Elles sont de plus basées sur le principe de réseaux de partenaires, ce qui facilite l’insertion du créateur dans le tissu économique local. Un incubateur, contrairement à une pépinière, est dédié exclusivement aux entreprises en cours de création. Il peut apporter un appui pour l’hébergement ou encore le financement lors des premières étapes de la vie de la société.

Quel que soit votre choix, vous devrez peser le pour et le contre de chaque solution pour décider au mieux de l’endroit adapté à votre activité.

– Dépôt du nom du magasin

N’oubliez pas de déposer le nom de votre société auprès de l’Inpi (Institut national de la propriété industrielle). Comme il est précisé sur leur site, “avant d’immatriculer le nom de votre entreprise, vous devez vous assurer que le nom que vous avez choisi est disponible”. Une fois la vérification effectuée, vous devrez immatriculer votre entreprise auprès du Répertoire national des entreprises (RNE), au Registre du commerce et des sociétés (RCS) et au Centre de formalité des entreprises (CFE).

– Formalités administratives

Au-delà de l’enregistrement de votre marque, vous aurez en parallèle quelques formalités administratives à respecter, comme l’indique le site commentcreersonentreprise.fr. Vous devrez notamment ouvrir un compte bancaire dédié à votre activité, rédiger les statuts de votre entreprise ou encore rédiger l’acte de désignation des dirigeants.

Vous avez maintenant toutes les clés en main pour vous lancer dans la création de votre entreprise. Voici pour finir quelques contacts utiles pour vos différentes démarches :

Agence pour la création d’entreprise
CCI Entreprendre en France
Chambre de Métiers et de l’Artisanat
Chambre de Commerce et de l’Industrie
CFE
Info greffe
INPI
Union des couveuses d’entreprises
Urssaf